Mpox à Madagascar : informer, protéger et écouter au plus près des communautés
Face à l’épidémie de mpox, la Croix-Rouge Malagasy a mobilisé ses volontaires aux côtés des autorités sanitaires. Soutenue par le Fonds d’urgence pour les réponses aux catastrophes (DREF) de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, son intervention a associé surveillance communautaire, prévention, soutien psychosocial et écoute des personnes concernées.
Des volontaires pour faire le lien avec les services de santé
Dans les zones d’intervention, 230 volontaires ont été formés en santé intégrée et 250 agents de santé communautaires ont renforcé leurs compétences en recherche active et en signalement des cas suspects. Déployés au sein de leurs communautés, ils ont diffusé des informations sur les signes du mpox, les moyens de prévention et l’importance de consulter rapidement. Leur collaboration avec les centres de santé a facilité l’orientation des personnes présentant des symptômes suspects.
La réponse s’est accompagnée d’un appui matériel aux structures de santé et aux équipes de terrain. 2 500 kits d’hygiène ont été distribués et 2 057 ménages concernés par un cas suspect ou confirmé ont bénéficié d’interventions de désinfection. Un soutien psychosocial a également été proposé aux personnes touchées, à leurs proches et aux acteurs mobilisés dans la riposte.
Informer sans stigmatiser, puis écouter les réponses
Les activités de sensibilisation à l’hygiène et à la prévention ont touché 329 829 personnes, selon le rapport d’opération. Aux messages diffusés dans les lieux publics et par les médias se sont ajoutés des échanges directs : plus de 30 400 personnes ont participé à des séances de dialogue ou à des discussions ciblées. Ces rencontres ont permis de répondre aux questions, de corriger les idées fausses et d’aborder la maladie sans renforcer la peur ou la stigmatisation.
L’écoute a aussi guidé la mise en œuvre. Dans dix districts, les équipes ont recueilli et traité 2 526 retours communautaires. Certaines personnes souhaitaient voir davantage de volontaires sur le terrain ; d’autres demandaient des interventions de désinfection ou des précisions sur l’accès aux services de santé. Ces retours ont été transmis aux équipes concernées et, lorsque nécessaire, aux autorités sanitaires. Des comités communautaires ont par ailleurs participé au ciblage des bénéficiaires et à la validation des listes pour la distribution des kits d’hygiène.
Des acquis utiles pour les prochaines urgences sanitaires
Cette opération a renforcé les compétences des volontaires et les liens entre les branches de la Croix-Rouge Malagasy, les responsables locaux, les agents communautaires et les services de santé. Elle confirme aussi une leçon essentielle : une information fiable circule mieux lorsque les communautés peuvent poser leurs questions, faire part de leurs inquiétudes et participer aux décisions qui les concernent.
Le rapport relève des difficultés à surmonter pour les prochaines interventions, notamment les délais d’approvisionnement, l’accès à certaines localités et le besoin de mieux accompagner les volontaires après leur formation. Le suivi des dispositifs de lavage des mains et l’analyse des retours communautaires demandent également un appui régulier. En tirant parti de ces enseignements, la Croix-Rouge Malagasy pourra consolider une réponse sanitaire fondée sur la proximité, la confiance et la coopération avec les communautés.